Pourquoi l'investisseur a un rendement inférieur au marché?

30 janvier 2019


Le fait se confirme année après année : le portefeuille de l’investisseur moyen a un rendement inférieur au marché. Une étude réalisée par DALBAR pour la période 2000 à 2020 établit que le rendement annuel moyen de l'indice S&P a été de 6,06%, alors que l’investisseur américain a réalisé un rendement moyen de 4,25% (1). Pourquoi donc?


.Selon nous, trois (3) facteurs sont en cause:
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1 -  La méconnaissance du rendement.

Une majorité d’investisseurs ne connaissent pas le rendement de leur portefeuille sur 1,3 ou 5 ans. Ceux qui le connaissent n’ont pas d’indices de référence crédibles contre les lesquels ils devraient comparer leur rendement. Cela se comprend quand on sait que très peu de conseillers professionnels utilisent eux-mêmes des indices de référence contre lesquels ils devraient comparer le rendement des portefeuilles de leurs clients.

L’investisseur a un rendement médiocre... parce qu’il ne le mesure pas et ne le compare pas. Ce qu’on ignore ne fait pas mal. Surtout quand on lui raconte des généralités du style :

Il faut regarder le rendement dans une perspective à long terme

Le portefeuille a baissé mais ce sont des pertes sur papier

Ces commentaires vides de sens perpétuent l’ignorance de l’investisseur. Parler d’une perspective à long terme sans définir ce qu’on entend par « long terme » est un commentaire sans substance. Parler de pertes sur papier est un sophisme. Car si les pertes sont “sur papier”, alors les gains le sont aussi! Cela revient à dire que l’augmentation ou la diminution de valeur d’un portefeuille n’aurait aucune signification dans le temps!
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2 -  Le syndrome de la foule

L’investisseur typique a tendance à suivre ce que les autres font. Il achète les titres qu’une majorité d’investisseurs achète. Le syndrome de la foule est particulièrement évident avec l'influence qu'exercent les réseaux sociaux sur les jeunes investisseurs.

La conséquence est celle-ci : un titre monte parce qu’une majorité d’investisseurs l’achètent. De la même façon, lorsqu’une majorité d’investisseurs croient qu’un titre est surévalué, ils le vendent. Ces ventes font baisser le cours du titre. 

L’investisseur moyen a tendance à acheter lorsqu’il faudrait vendre et vice-versa. Pour faire de l’argent, on doit se méfier de l’opinion de la majorité.
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3 -  L’aversion de perdre

Daniel Kahneman (prix Nobel en économie) a démontré que l’aversion pour le risque pousse les investisseurs à donner un poids démesuré aux pertes financières par rapport aux gains. Les investisseurs développent ainsi une peur démesurée face au risque, ce qui les conduit à prendre des décisions irrationnelles en matière de placements.

Cette attitude explique également un autre phénomène qu’on appelle l’effet de disposition, lequel a été mis en lumière dans les travaux de Kahneman et Tversky Ceux-ci ont démontré la tendance avérée des investisseurs à vendre trop tôt leurs titres gagnants et à vendre trop tard leurs titres perdants. C’est l’aversion instinctive de perdre qui stimule cette tendance à conserver les titres perdants. La seule exception à ce constat est la propension des investisseurs à vendre soudainement lors de chutes brutales des marchés.

L’investisseur rationalise la décision de conserver un titre perdant en se basant sur une approche promue dans la littérature populaire : le « dollar cost averaging (DCA)». Selon cette approche, lorsqu’un stock baisse, on achète des actions (ou unités) additionnelles ce qui permet d’abaisser le coût moyen des unités détenues. Pourtant, le DCA n’est justifié que si le prix d’un stock baisse alors qu’on n’observe aucune détérioration de ses données fondamentales. Or, la baisse d’un titre peut être effectivement causée par une détérioration de ses données fondamentales, ce que l’investisseur moyen ne prend pas le temps d’analyser. Voir Quand faut-il vendre un titre.


À quoi sont reliés ces facteurs de sous-performance?.

1 -  La méconnaissance du rendement

...est un facteur de sous-performance lié à l’éducation. Une minorité de parents initie leur enfant à l’investissement. Plusieurs en sont encore au stade du « petit cochon » dans lequel on veut que l’enfant dépose les sous qu’il reçoit. On enseigne à l’enfant à accumuler de l’argent qui ne produit aucun rendement. On oublie d’enseigner le premier principe de l’investissement : utiliser l’argent pour produire de l’argent. C’est comme si on considère que nous n’avons pas de pouvoir sur le rendement que produit notre capital..

2 - Le syndrome de la foule

...est lié au besoin d’appartenance. Dans l’échelle de Maslow, le besoin d’appartenance précède le besoin d’estime de soi. Le besoin d’appartenance est comblé lorsqu’on a le sentiment d’appartenir au groupe de référence auquel on s’identifie. En matière de placements, il est fréquent que des gens utilisent les mêmes conseillers que leurs amis ou collègues. Le besoin d'appartenance est si fort que ce n’est pas la performance du conseiller qui constituerait le principal critère de choix, mais le fait que ce conseiller soit choisi par des gens auxquels on s’identifie ou qu'on admire.

3 - L’aversion de perdre

...est un biais psychologique inné. Il existe naturellement chez l’être humain. Il dépasse les questions d’argent. Instinctivement, l’individu déteste perdre; c’est une question de fierté, mais aussi de survie. À la bourse, vendre un stock à perte, c’est contre nature.


Quelle est la solution?

Une structure de portefeuille explicite est l’outil ultime pour se prémunir contre les  facteurs de sous-performance et réaliser un rendement de portefeuille supérieur, moyennant un minimum d’efforts et de recherches fastidieuses.
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PORTEFEUILLE 101 est une approche de gestion de portefeuille simple et explicite dont le but est de permettre à l’investisseur de réaliser des rendements supérieurs.


(1) Why Average Investors Earn Below Average Market Returns, The Balance, 27 mai '21.

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