Fondement #8

Se méfier de l'opinion de la majorité

Progression
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"Il y a à parier qu'une idée reçue est une sottise, du fait qu'elle a convenu au plus grand nombre"

Nicolas de Chamfort

Il y a des données objectives à considérer pour déterminer si on doit acheter ou conserver un titre. Ces données ne qualifient ou ne disqualifient pas automatiquement tel titre. Mais elles représentent une première information à prendre en compte pour appuyer notre décision d'investir ou non.

La revue Barron's cite une étude qui conclue que 85% des décisions de vente ou d'échange de titres sont erronées(1). Ce résultat est pire que si les décisions d'investissement étaient prises au hasard, auquel cas les probabilités seraient  que 50% de telles décisions seraient justifiées!


(1) The Money Paradox, Martin Conrad, December 2011

Être différent comme investisseur

La mentalité du troupeau

Une majorité d'investisseurs n'appuient pas leurs décisions d'acheter ou de vendre sur de l'information objective. Ces investisseurs achètent et vendent leurs stocks sur la base de réactions émotives, telles que la peur ou la cupidité.

Les investisseurs achètent les titres qu'une majorité d'investisseurs achètent.

Et ils confient leurs épargnes aux mêmes conseillers financiers que leurs pairs (ce qui renforcent d'autant leur sentiment d'appartenance). Ils agissent comme des moutons (tel que décrit par le biais cognitif connu sous le nom de herd mentality).

Alexis de Tocqueville écrivait : " Americans are so enamored of equality, they would rather be equal in slavery than unequal in freedom.”

Pour faire de l’argent à la bourse, il faut acheter bas et vendre haut. La réalité c'est que:

♦ Le prix d’une action est bas lorsque peu de gens croient que le titre va monter.

♦ Le prix monte quand une majorité de gens croient que le titre est sous-évalué.

Mais la seule raison qui fait que le prix d’une action monte, c’est justement que plusieurs personnes l’achètent! Plus le prix d’une action est élevé, plus il y a de gens qui croient que ce prix est sous-évalué.

Si on veut faire beaucoup d’argent à la bourse, il faut acheter quand tout le monde vend et vendre quand tout le monde achète.

Il faut aller contre l’opinion de la majorité.

À ce jour, tous les investisseurs que j'ai rencontrés sont d'accord avec cette affirmation. Pourtant, bien peu agissent de la sorte..

À titre d'exemple...

Dans le domaine boursier, l'exemple de Nortel est classique. Mais, on en compte beaucoup d'autres: BlackBerry, Fitbit, Valeant, Tesla... Des stocks extrêmement populaires, dont la valeur boursière a explosé mais qui ont un trait commun: ils ne sont pas rentables, sinon de façon marginale.

Nul n'est devin. Mais le seul fait de leur extrême popularité (combinée à l'absence de rentabilité) constituent une excellente raison de s'en éloigner.

À l’été 2000, lorsque les actions de Nortel (NRTLQ) se transigeaient à plus de $120, plusieurs analystes voyaient le titre bondir à $180. En août 2002, les actions de Nortel s’échangeaient à $ 0,69 et il se trouvait peu d’analystes pour en recommander l’achat.

L'investisseur typique suit la foule.

Il agit comme un mouton. Au lieu de se préoccuper de ce que pense la majorité des "experts",  il ferait mieux de se rappeler ce que le baron Rothschild écrivait au 18e siècle:

"The time to buy is when there's blood in the streets"

Ce qu'il faut retenir:

i) Se méfier des titres "dont tout le monde parle",

...des titres qui sont fortement recommandés par une majorité de conseillers financiers et des "tuyaux du beau-frère". Dites-vous que si le beau-frère est au courant de quelque chose, ce peut être une rumeur non fondée ou, si le quelque chose est vrai, des centaines d'autres "experts" sont au courant depuis longtemps, auquel cas, le prix du titre le reflète déjà. Par définition, un titre populaire est cher, du seul fait qu'une majorité d'investisseurs veulent l'acheter.

ii) Choisir ses titres et décider de s'en départir sur la base de données objectives.

On achète ou on vend un titre selon que ses données fondamentales, rencontrent ou non nos critères d'évaluation.

iii) Se méfier des conseillers financiers "hot", ceux avec qui il paraît bien d'être associé.

Se tenir loin des grands bavards. Scruter les rendements historiques en regard des indices de référence.

 


Nous avons expliqué la philosophie qui est la base d'une stratégie performante. En suivant l'approche PORTEFEUILLE 101, à quelle sorte de rendement l'investisseur devrait-il s'attendre?

Le rendement de PORTEFEUILLE 101 vs. le marché

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