Se protéger des sautes d’humeur de la bourse
Depuis un an, le sentiment des investisseurs a fluctué entre la cupidité extrême et la peur extrême.
Les adeptes de l’approche fondamentale savent que ces sautes d’humeur ne doivent pas dicter la marche à suivre. Ils s’en remettent plutôt à des principes qui ont passé le test du temps.
L’histoire se répète
D’aucuns affirment qu’une stratégie gagnante est d’acheter des titres à bas prix pour les revendre à haut prix. Mais placés devant la situation, ils font le contraire. Ils achètent quand les prix montent (la cupidité domine) et vendent quand les prix chutent (la peur domine).
Ceux qui, dans l’enthousiasme général, se sont rués sur les actions fétiches au printemps 2021 l’ont bien compris.
L’histoire se répète parce que le biais de mimétisme* joue un rôle central dans nos comportements.
Une approche populaire est d’acheter un titre recommandé sur les réseaux sociaux, assorti d’une promesse de gain rapide. On transige le titre en quelques clics sur le iPhone. Moyennant des frais de transactions quasi nuls.
On devient rapidement complaisant lorsque les marchés grimpent sans arrêt.
Puis une série de mauvaises nouvelles annoncent la fin de la récréation (hausses de taux d’intérêt, résurgence d’une pandémie, problèmes géopolitiques, …). Les marchés deviennent soudain imprévisibles. Comme des montagnes russes. La volatilité extrême traduit une incertitude à la mesure de l’excès de confiance qui régnait jusqu’à récemment.
Peu à peu, la peur s’installe.
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La mesure la plus objective du sentiment qui anime les investisseurs est le Fear & Greed Index (FGI).
Le FGI est un indice développé par le réseau CNN Business. Il évalue le sentiment général qui prévaut sur le marché boursier américain. L’indice mesure le sentiment qui domine à une date précise, soit la cupidité ou la peur.
À plus de 50, le marché est confiant; la cupidité domine. À moins de 50, la peur domine.
Le FGI pose comme prémisse que le marché se comportera à court terme de façon contraire au sentiment ambiant. Plus les investisseurs sont optimistes, plus le risque de baisse est important. Plus ils sont pessimistes, plus les cours risquent de monter.
La peur présente une opportunité d’achat. La cupidité suggère qu’il est préférable d’attendre.
Depuis un an, l’indice a varié entre la peur extrême et la cupidité extrême, soit entre 8 et 75!

Plus que jamais, c’est le moment de prendre du recul et envisager les mesures qui s’imposent!
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Cinq mesures pour passer à travers la tempête
1 – Favoriser les entreprises qui affichent les meilleurs bilans
Les analystes boursiers focalisent leur attention sur les résultats financiers. Le ratio cours-bénéfice* et la croissance des revenus sont les premières données qu’ils analysent.
On devrait porter autant d’attention au bilan* d’une entreprise.
Selon un adage populaire, les résultats sont le reflet du passé, le bilan est gage d’avenir.
Les entreprises peu endettées qui disposent de liquidités excédentaires sont équipées pour faire face à des imprévus coûteux sans que cela n’affecte leur avenir.
2 – Favoriser les titres qui versent des dividendes élevés
Dans un contexte de hausses de taux d’intérêt, d’inflation et de troubles géopolitiques, les entreprises qui paient de hauts dividendes procurent un rendement minimum, même si leur cote boursière baisse.
Ces entreprises inspirent confiance. En payant systématiquement de hauts dividendes, elles démontrent leur engagement à rémunérer leurs actionnaires, peu importe les hauts et les bas du marché.
3 – Focaliser sur les données fondamentales d’entreprises ou secteurs spécifiques
Que le marché boursier soit surévalué ne signifie pas que tous les titres boursiers sont surévalués. Ce qu’on désigne comme étant le « marché » réfère généralement à deux indices : le TSX au Canada et le S&P 500 aux États-Unis. Certains titres qui composent ces indices ont une incidence significative, voire disproportionnée, sur le rendement du « marché ».
Un marché surévalué peut inclure plusieurs titres qui ne le sont pas.
C’est pourquoi il est habituellement inutile de se demander si la bourse est sur ou sous-évaluée.
L’idée est de rechercher les titres et secteurs d’activités qui présentent des opportunités d’achat à rabais.
4 – Rebalancer le portefeuille
C’est ici qu’une structure de portefeuille explicite et permanente prend toute son importance. Telle structure prévoit les proportions que chaque secteur d’activités et catégorie d’actif doit représenter dans le portefeuille.
Lorsque de fortes variations de valeur se produisent, il y a lieu de procéder à des ajustements: 1) investir dans les secteurs ou catégories d’actif sous-représentés par rapport à la structure standard du portefeuille, et 2) réduire les secteurs et catégories d’actif dont les valorisations excèdent celles de la structure.
Ceci contribue à diminuer le risque du portefeuille en forçant à vendre lorsque les prix sont hauts et à acheter lorsque les prix sont bas.
5 – Recourir à des ordres de vente stop
Les baisses de la valeur de titres boursiers font partie de la vie.
Lors de débâcles boursières, des titres peuvent subir une avalanche d’ordres de vente entraînant des baisses de valeur significatives. On peut se protéger de baisses de valeur massives et soudaines en ayant recours à des ordres de vente stop.
Un ordre de vente stop spécifie que le titre doit être vendu dès qu’il atteint un prix déterminé. Il existe différentes variantes d’ordre de vente stop*.
Certains investisseurs passent des ordres de vente stop sur tous les titres qu’ils possèdent. Ainsi, à l’achat d’un titre, l’investisseur passe un ordre de vente stop à un prix correspondant à 80% du prix d’achat, avec une échéance de 30 jours. Ceci garantit qu’une perte ne dépassera jamais 20% de l’investissement initial. En tout temps, l’ordre peut être annulé ou modifié selon les circonstances.
Cet outil vise à préserver le capital, notamment lorsqu’un titre plonge trop rapidement pour qu’on ait le temps de réagir.
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FAQ
Comment se protéger d’un krach boursier ?
Adopter une structure de portefeuille explicite et permanente, Cette structure procure la diversification nécessaire pour 1) diminuer les risques de pertes à long terme et 2) assurer un rendement minimum peu importe les circonstances.
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Comment rééquilibrer le portefeuille ?
Le rééquilibrage consiste à réduire ou à augmenter la valeur de chaque élément du portefeuille pour le rendre conforme à la proportion spécifiée dans la structure standard du portefeuille.
Cet article a été rédigé par Marc-Olivier Desmarais, CPA, Pl. Fin.
Il est planificateur financier indépendant. Sa pratique est encadrée par l'Autorité des Marchés Financiers (AMF) et par l'Institut de Planification Financière (IPF).
À travers les articles de Portefeuille 101, son objectif est de contribuer à la littératie financière et de stimuler la réflexion en matière de finances personnelles.
