Protéger son portefeuille de la tempête boursière

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En un mois, l’humeur des investisseurs est passée d’un excès de cupidité à un excès de peur. Depuis, les marchés accusent une forte volatilité. Les investisseurs avertis savent que ces sautes d’humeur ne constituent pas un indicateur de la marche à suivre. Pour garder le cap, ils appliquent des principes d’investissement qui ont passé le test du temps.


L’histoire se répète ad nauseam

C’est la différence entre la théorie et la pratique : l’investisseur moyen affirme que la stratégie gagnante est d’acheter des titres à bas prix et de les revendre à haut prix. Mais placé devant la situation, il fait le contraire. Il achète quand les prix montent (la cupidité domine) et il vend quand les prix chutent (la peur domine).

Ceux qui, dans l’enthousiasme général, se sont rués sur les actions fétiches (1) au printemps 2021 l’ont bien compris.

L’histoire se répète parce que nous sommes inexorablement attirés par la facilité.

Acheter un titre recommandé sur les réseaux sociaux, sans effort d’analyse, assorti d’une promesse de gain rapide, constitue une approche qui gagne en popularité. Il est possible d’avoir le tuyau et de transiger le titre en quelques clics d’un iPhone, sans en référer à qui que ce soit. Moyennant des frais de transactions quasi nuls.

Ainsi, on devient rapidement complaisant lorsque les marchés grimpent sans arrêt depuis le creux atteint en mars 2020.

Puis une série de mauvaises nouvelles annoncent la fin de la récréation (hausses de taux d’intérêt, résurgence de la pandémie, problèmes géopolitiques, …). Les marchés deviennent soudain volatils et imprévisibles. Comme des montagnes russes. La volatilité extrême des marchés traduit une incertitude à la mesure de l’excès de confiance qui régnait jusqu’à récemment. Peu à peu, la peur s’installe.

C’est le moment de prendre les mesures qui s’imposent, si on n’y a pas déjà pourvu.


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Cinq mesures pour passer à travers la tempête

1 – Favoriser les entreprises qui affichent les meilleurs bilans

Les analystes boursiers tendent à focaliser leur attention sur les résultats financiers d’une entreprise. Le ratio cours-bénéfice et la croissance des revenus figurent parmi les données de base qu’on retrouve dans à peu près toutes les analyses.

On devrait porter autant d’attention au bilan (qui résume la situation financière) de l’entreprise dans laquelle on considère investir.

Selon un adage populaire, les résultats sont le reflet du passé, le bilan est gage d’avenir.

Les entreprises peu endettées, dont le niveau de liquidités dépasse largement les besoins de l’exploitation courante, peuvent faire face à des revers ou des imprévus coûteux sans que cela n’affecte sérieusement leur avenir.

Lorsque les marchés deviennent particulièrement volatils, l’investisseur devrait privilégier ce genre d’entreprises.

2 – Favoriser les titres qui versent des dividendes élevés

Dans un contexte marqué par une pandémie qui s’éternise, des hausses de taux d’intérêt imminentes et des troubles géopolitiques qui se précisent, les entreprises qui paient de hauts dividendes procurent un rendement minimum, même si la valeur de leurs titres vient à diminuer.

En payant année après année de hauts dividendes, ces entreprises démontrent clairement un engagement à réserver des fonds substantiels destinés à rémunérer leurs actionnaires.

3 – Focaliser sur les données fondamentales d’entreprises ou secteurs spécifiques

Le fait que le marché boursier puisse être surévalué ne signifie pas que tous les titres boursiers soient surévalués. Ce qu’on désigne comme étant le « marché » réfère généralement à deux indices boursiers : l’indice TSX au Canada et le S&P 500 aux États-Unis. Certains titres qui composent ces indices peuvent avoir une incidence significative, voire disproportionnée, sur le rendement du « marché ».

C’est dire qu’un marché qu’on considère surévalué peut inclure un grand nombre de titres qui ne le sont pas.

C’est pourquoi il est généralement inutile de se demander si les « marchés » sont sur ou sous-évalués.

Il est préférable de se focaliser sur des titres individuels et des secteurs d’activités particuliers qui, eux, peuvent constituer d’excellentes opportunités d’achat à bon prix. Et, peu importe le contexte boursier, il y aura toujours des titres offerts à rabais.

4 – Rebalancer le portefeuille

C’est ici qu’une structure de portefeuille explicite et permanente prend toute son importance (2). Une telle structure prévoit les proportions que chaque secteur d’activités et catégorie d’actif devraient représenter dans le portefeuille.

Lorsque de fortes variations de valeur se produisent, il y a lieu de procéder à des ajustements. En investissant dans les secteurs ou catégories d’actif dont les proportions sont tombées en dessous des proportions de la structure, et en réduisant les secteurs et catégories d’actif dont les valorisations excèdent celles de la structure.

Ceci contribue à diminuer le risque du portefeuille en forçant à vendre lorsque les prix sont hauts et à acheter lorsque les prix sont bas.

5 – Recourir à des ordres de vente stop

Les baisses de la valeur de titres boursiers font partie de la vie de tout investisseur. Même les meilleurs ne peuvent y échapper

Lors de débâcles boursières, il peut arriver que des titres soient soudain la proie d’une avalanche d’ordres de vente qui résultent en des baisses de valeur rapides et significatives. On peut se protéger de baisses de valeur massives et soudaines en ayant recours à des ordres de vente stop.

Un ordre de vente stop est un ordre d’exécution qui spécifie que le titre doit être vendu dès qu’il atteint un prix déterminé. Il existe différentes variantes d’ordres de vente stop (3).

Certains investisseurs ont une façon simple de procéder: ils passent des ordres de vente stop sur tous les titres qu’ils possèdent.  Ainsi, à l’achat d’un titre, l’investisseur passe un ordre de vente stop à un prix correspondant à 80% du prix d’achat, avec une échéance de 30 jours. Ceci garantit que toute perte ne sera jamais supérieure à 20% de l’investissement initial. En tout temps, l’ordre peut être annulé, prolongé ou modifié selon les circonstances.

Un tel outil vise à préserver le capital en cas de situations extrêmes, par exemple lorsqu’un titre plonge à l’intérieur d’un délai trop court pour qu’on ait le temps de réagir.

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Ces 5 mesures vont permettre d’éviter la panique qui accompagne trop souvent les débâcles boursières. Elles ne coûtent rien et sont accessibles à tous.

Lorsque les beaux jours reviendront (comme il finissent toujours par arriver), vous serez heureux de les avoir appliquées.

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(1) Faut-il investir dans une belle histoire?
(2) Voir La structure de portefeuille.
(3) L’ordre peut spécifier un prix minimum, un pourcentage de baisse ou un écart en dollars par rapport à la cote du jour.


FAQ

 

Comment investir pour gagner de l’argent ?

La bourse est l’outil idéal pour gagner de l’argent à condition de respecter trois principes. 1) La persévérance – la capacité de maintenir une approche explicite, 2) La prudence – protéger le rendement à long terme du portefeuille et 3) La patience – profiter du temps, principal paramètre de rendement.
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Comment se protéger d’un krach boursier ?

La meilleure protection est d’adopter une structure de portefeuille explicite et permanente, Cette structure procure la diversification nécessaire pour faire deux choses : 1) diminuer les risques de pertes à long terme et 2) assurer un rendement minimum du portefeuille peu importe les circonstances.
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Comment rééquilibrer le portefeuille ?

Le rééquilibrage consiste à réduire ou à augmenter la valeur de chaque secteur et catégorie d’actif du portefeuille pour les rendre conformes aux proportions établies dans la structure standard du portefeuille convenue au départ.