Les BDC: des titres à dividendes à considérer

29 novembre 2019

Il est surprenant de constater que si peu d’investisseurs soient familiers avec les BDC (Business Development Companies). Pourtant, ce sont des titres à hauts dividendes qui présentent un intérêt indéniable.

investir dans les BDC

BDC est l’acronyme de Business Development Companies. Le terme est intraduisible parce que ce type d’organisations n’existe qu’aux États-Unis. 

Les BDC sont des sociétés qui procurent du financement aux petites et moyennes entreprises américaines non cotées en bourse. Le financement est effectué principalement sous forme de dette de premier ou deuxième rang ou de participation dans le capital. Leurs activités sont similaires à celles des sociétés de capital privé qu’on retrouve au Canada. 

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Les BDC ont un historique récent

Une des raisons qui explique que les BDC* soient des placements peu connus est qu’elles ont un historique récent. Les premières BDC ont été créées au début des années ‘80 afin de donner aux petites et moyennes entreprises un meilleur accès à du financement et de permettre aux sociétés de capital privé d’obtenir des fonds sur les marchés financiers.  

Mais ce n’est qu’à partir de 2009 que les BDC ont pris une réelle expansion, à la suite du délestage financier des banques américaines dans la foulée de la crise financière de 2008. En ce sens, c’est le resserrement des règles de capitalisation des banques américaines qui a stimulé le développement des BDC.

Ainsi, de 2010 à 2014, les BDC ont connu une forte expansion avec une croissance annuelle des investissements de 24%. Puis, de 2014 à 2018, l’industrie a cru à un taux beaucoup plus modeste de 5% par année, tel qu’illustré par le graphique qui suit :

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Le volume de transactions sur les titres des BDC est peu élevé

Le volume des titres de BDC transigés à la bourse est relativement faible. Ceci est dû en partie au fait qu’en 2014,  les titres des BDC ont été exclus des principaux indices boursiers (tels que le S&P 500). Or, on sait que plusieurs institutions financières et fonds de placements restreignent leurs placements aux titres indiciels*. Le résultat est que l’ensemble des investisseurs institutionnels ont considérablement réduit leurs investissements dans les BDC au cours des dernières années.

L’absence des institutions dans le capital des BDC  fait que leur valeur boursière peut être moins stable et les titres sont moins liquides (moins faciles à transiger). Cependant, étant moins liquides et moins “populaires” parmi la communauté des investisseurs, ces titres ont tendance à être sous-évalués. C’est une raison pour laquelle leur rendement de dividende est en général plus élevé. 

Les rendements de dividendes des BDC sont élevés…

Les BDC offrent en général des rendements de dividendes largement supérieurs aux autres types de placements :

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…mais le rendement global de l’industrie est médiocre

En effet, au cours des 5 dernières années, le rendement annuel moyen (dividende et gain en capital) de l’ensemble des BDC cotées en bourse n’est que de 5,7%, comparé à 10,7% pour le S&P 500.

La vérité est que toutes les BDC n’ont pas été toutes créées égales. D’une société à l’autre, les différences peuvent être significatives. 

Ainsi certaines BDC :

n’ont pas la rentabilité ni les réserves nécessaires pour payer des dividendes aussi élevés. Elles réussissent à maintenir leurs dividendes en effectuant des ponctions sur leur capital. Lorsque cette situation perdure, soit que la  valeur marchande du titre baisse, soit que le titre se transige avec une prime* qui augmente avec le temps ;

consentent des prêts plus risqués, ce qui permet d’obtenir des taux d’intérêt plus élevés;

utilisent un effet de levier* important pour augmenter leur rendement. Le taux d’endettement des BDC publiques va de 0 à 2,2, la moyenne étant 0,9

À propos de l’effet de levier

Jusqu’en 2018, le ratio d’endettement* des BDC était limité à 1,0. Cette limite était beaucoup plus basse que celle imposée aux grands prêteurs, tels que les banques, dont le taux d’endettement peut monter jusqu’à 10 (et parfois plus). Comme les actionnaires s’attendent à des rendements de l’ordre de 8% à 10%, cela poussait les BDC à consentir des prêts plus risqués pour être capable de générer de tels rendements.  

En 2018, le ratio d’endettement maximum a été relevé à 2,0

Ceci permet maintenant aux BDC de générer des bénéfices additionnels, car l’argent est investi dans des prêts à taux d’intérêt plus élevés que ceux qui sont payés sur les emprunts contractés par la BDC. Bien qu’un ratio d’endettement plus élevé augmente le risque financier de la société, ce risque est compensé par le fait que celle-ci est encouragée à réduire l’importance des prêts les plus risqués.

Les avantages d’investir dans les BDC

Contrairement aux FCF* et à plusieurs prêteurs traditionnels, les BDC jouent un rôle actif dans les montages financiers consentis à leurs débiteurs. Par la suite, elles offrent de l’aide managériale aux dirigeants. Plusieurs sont représentées sur les conseils d’administration.

Les BDC investissent dans des petites et moyennes entreprises (non cotées), ce qui permet d’exiger des taux de rendement supérieurs car il y a moins de prêteurs disponibles pour ces entreprises. Comme indiqué ci-haut, le résultat est qu’elles versent des dividendes élevés à leurs actionnaires.

Bien que les BDC puissent avoir un ratio d’endettement de 2,0 alors que celui des FCF est à 0,33, elles n’ont pas recours à des produits financiers dérivés (tels que les options) pour augmenter leur rendement. 

Les BDC sont tenues de divulguer de l’information plus détaillée que les FCF. La SEC* exige par exemple qu’une liste complète des investissements soit divulguée trimestriellement et assortie de commentaires de la direction. Plusieurs BDC tiennent des conférences régulières destinées aux investisseurs et analystes pour expliquer leurs résultats.

Un élément particulier à surveiller: les prêts à taux variables

La plupart des BDC qui offrent du financement sous forme de dette, consentent des prêts à taux variable. Les taux d’intérêt rattachés à la majorité de ces prêts sont liés à l'indice de référence Libor*. Or les résultats des BDC bénéficient de ces prêts lorsque les taux d'intérêt montent, mais ils en souffrent lorsque les taux d'intérêt baissent. On peut trouver cette information dans les états financiers de la société.

Les BDC sont bien sûr conscientes de ceci et s’efforcent d’en mitiger les effets le cas échéant. Mais cela demeure une considération générale que l’investisseur doit garder en tête s’il compte investir dans le titre d’une BDC.

Comment analyser un titre de BDC

Tous les critères d’analyse définis dans le Fondement Comment analyser un titre s’appliquent aux titres des BDC. On devrait vérifier deux données supplémentaires :

1 -    La cote de crédit

Comme les titres des BDC sont beaucoup moins suivies par les analystes financiers, l’investisseur dispose de moins de sources d’information critique concernant les BDC. Il est donc utile de vérifier la cote de crédit de l’entreprise dans laquelle on considère investir. Le problème est que la plupart des BDC dont la capitalisation est inférieure à $1 milliard n’ont pas de cote de crédit reconnue (S&P, Moody’s). Il y a donc un avantage à commencer par considérer les BDC qui disposent d’une cote de crédit.

2 -    Le rapport prix/VNA*

Ce chiffre indique si le titre se transige à prime ou à escompte, donc si la valeur de l’actif net de la BDC est inférieure ou supérieure au prix auquel elle se transige. Il est préférable d’avoir un ratio inférieur à 1, ce qui correspond à une marge de sécurité pour l’investisseur. Cette information est généralement disponible sur le site web de la société. Sinon, on peut la trouver sur le site BDCInvestor.

 

Conclusion

Les BDC offrent un élément intéressant de diversification du portefeuille. En effet, elles donnent la chance de participer au développement d’un pan significatif de l’économie : celui des petites et moyennes entreprises. Elles offrent également des rendements de dividendes parmi les plus élevés des titres boursiers. Ces titres ont leur place dans un portefeuille bien structuré.

Cela dit, comme il existe des écarts de performance et de risques importants entre ces entreprises, on devrait éviter d’y investir par le biais d’un fonds commun de placements regroupant les entreprises du secteur, tel que BIZD. Il est préférable d’investir plutôt dans des titres individuels.

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