Fondement #15b

Analyser les titres à hauts dividendes

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Le Fondement Comment analyser un titre explique les critères d'analyse qui s'appliquent à tous les titres, peu importe à quelle catégorie ils appartiennent. Ce sont les critères d'analyse communs.

Des critères d'analyse spécifiques s'appliquent également à chaque catégorie de titre.

Le présent fondement explique les critères d'analyse spécifiques applicables aux titres à hauts dividendes.

Cette catégorie inclut les actions d’entreprises et les actions de FCF*.

On analyse ces deux types de titres de façon différente.

I - Actions d’entreprises

1-  Le taux du dividende

Au moment de l'achat, on devrait viser à obtenir un taux effectif de 4%+.

Sur le marché canadien, les actions susceptibles de payer de hauts dividendes (compte tenu d’un niveau de risque raisonnable) se retrouvent typiquement dans les banques, les utilités publiques, les grandes sociétés de télécommunications et les FPI*.

2 -  Le taux de distribution du dividende (payout ratio)

C’est la proportion du bénéfice net qui est versé sous forme de dividende.

Pour qu’un dividende puisse être maintenu, voire augmenté, le taux doit être inférieur à 100%. Plus le taux est bas, plus la marge de sûreté du dividende est grande et plus grandes sont les chances qu’il soit augmenté au cours de la prochaine année.

Une exception: les FPI* sont tenues de verser la presque totalité de leurs bénéfices à leurs détenteurs de parts. Ceci les exempte de payer un impôt sur le revenu, lequel est payé par le détenteur de parts. Toutefois, ce calcul doit normalement tenir compte des dépenses en immobilisations prévues.

3 -  L'augmentation annuelle du dividende

1er avantage: une société qui augmente son dividende à chaque année démontre une capacité à produire une croissance et des résultats suffisamment prévisibles pour en remettre une quote-part systématique à ses actionnaires. 2e avantage: un dividende qui est augmenté à chaque année, produit un rendement à long terme supérieur.

La recherche de titres à dividendes devrait commencer parmi le groupe des Aristocrates. Au Canada, ce sont les titres qui ont augmenté leur dividende à chaque année depuis les 5 dernières années+. Au États-Unis, comme le nombre de titres est beaucoup plus élevé, les Aristocrates sont les titres qui ont augmenté leur dividende annuellement au cours des 25 dernières années(1).

Un autre élément à surveiller: la réduction (ou, pire, la suspension) d’un dividende.

Sauf en cas de catastrophe nationale (i.e. la crise boursière de mars 2020), c'est là est un élément négatif.

Cela suggère que la direction n’a pas su anticiper des circonstances ou faits qui devaient affecter son exploitation. Une direction responsable a le devoir d’évaluer de façon conservatrice sa capacité de maintenir le paiement de son dividende. Ceci est d’autant plus important que ses actionnaires possèdent l’action précisément pour en percevoir le dividende!

Donc, une réduction ou une suspension du dividende au cours des 5 dernières années est une raison d’éviter d’investir dans une entreprise sauf s'il s'agit d'un événement de force majeure. Dans un tel cas, on pourrait investir dans une société qui a réduit son dividende, dans la mesure où le taux révisé du dividende demeure à 4%+.

II - Actions de BDC

Pour une explication de ce type d'entreprises, consulter Les BDC: des titres à dividendes à considérer. 3 critères d'évaluation particuliers s'appliquent aux BDC*:

1 - Le taux du dividende

L'intérêt d'un titre de BDC est son haut taux de dividende. Dans la mesure où celui-ci est supporté, un taux de dividende de 8%-9% est adéquat pour ce genre de titre.

2 - La cote de crédit

Les BDC dont la capitalisation est inférieure à $1 milliard n’ont généralement pas de cote de crédit reconnue (S&PMoody’s). En l'absence d'autres références crédibles, l'investisseur devrait privilégier les BDC qui disposent d’une cote de crédit reconnue.

3 - La valeur marchande vs la valeur nette des actifs

La valeur marchande d’une BDC est souvent différente de la valeur marchande des titres détenus (à laquelle on réfère comme étant la valeur nette des actifs, ou VNA*).

Si la VNA* est supérieure à la valeur marchande de l’action, on dira que l’action se transige à « escompte ». Dans le cas inverse, l’action se transige à « prime ». Cette information est fort utile pour décider d’acheter ou non des actions d’une BDC donnée.

Il est prudent de se limiter aux titres qui se transigent à escompte.

III -Fonds à capital fermé

Règle générale, l’attrait des FCF* réside dans le niveau des dividendes versés.

Nous avons expliqué pourquoi les FCF constituent des placements plus intéressants que les fonds mutuels et pourquoi ils représentent une meilleure alternative que les actions d’entreprises individuelles pour celui qui privilégie un rendement sous forme de dividende.

L’évaluation des FCF comporte 5 éléments :

1 - Le taux du dividende

Plusieurs FCF offrent des taux de dividende supérieurs à 7%, souvent payables mensuellement.

2 - La stabilité du dividende

Tel qu’expliqué plus haut, une réduction ou une suspension du dividende est une raison d’éviter d’investir dans une action.

3 - La valeur marchande vs la valeur nette des actifs

L'explication est la même que pour les BDC (ci-haut).

 4 - L’effet de levier

Une des raisons qui justifient le rendement supérieur des FCF* est le fait que ces fonds empruntent pour augmenter leurs positions.

Aux États-Unis, l’effet de levier est limité à 33% (ie la dette totale ne doit pas excéder 33% de la valeur des actifs). Au Canada, l’effet de levier des fonds se situe généralement entre 20% et 25%.

L’effet de levier permet de réaliser des rendements supérieurs, mais il augmente aussi le risque de mauvaise performance si les placements subissent une perte de valeur.

Entre deux fonds ayant un rendement et des données fondamentales similaires, on donnera préférence au fonds dont l’effet de levier est le plus bas.

 5 - Le ratio de Sharpe

Le ratio de Sharpe est un indicateur utilisé pour évaluer le rapport rendement/risque d'un investissement. Il mesure l'écart de rendement d'un portefeuille de titres (incluant des actions par exemple) par rapport au taux de rendement d'un placement sans risque. Il met ce rendement en relation sa volatilité. Ainsi, il peut révéler à l'investisseur qu'un titre à rendement élevé est aussi exposé à des grandes fluctuations. le ratio est calculé comme suit:

R = (F - T) / σ, où:

R = Ratio de Sharpe
F = Rentabilité du fonds
T = Taux de rendement d'un placement sans risque
σ = Écart-type des rendements du placement

Nous croyons que le ratio de Sharpe est surtout utile lorsqu'on analyse un titre de FCF*.

La raison est qu'un FCF comporte moins de données fondamentales qu'une entreprise individuelle. Dans ce dernier cas, il est plus facile d'évaluer la volatilité du titre en regard de son rendement en consultant notamment les rapports financiers des dernières années. Par comparaison, un FCF comporte des postions dans des dizaines, voire des centaines de sociétés. Ceci rend quasi impossible d'analyser le rendement historique du fonds en regard de sa volatilité.

Le ratio de Sharpe doit être utilisé en complément de l'ensemble des autres facteurs d'analyse. À noter qu'il a peu de signification dans le cas de rendements négatifs. Aussi, il est davantage pertinent dans le cas de titres qui ont un volume de transactions assez élevé. Un ratio supérieur à 1 indique un rapport rendement/risque avantageux.

On peut obtenir le ratio de Sharpe en effectuant une simple recherche sur le site CEF Analyzer.


(1) Sources:
     ♦ Aristocrates canadiens
     ♦ Aristocrates US


II - Critères d’évaluation particuliers:

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