Des stéréotypes justifient nos choix d’investissement

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Des stéréotypes dictent inconsciemment nos choix d’investissements. Ils sont le résultat des valeurs inculquées par la famille, d’expériences personnelles, voire d’exemples donnés par des gens que l’on admire. Il importe d’en être conscient pour mieux s’en libérer.


Des investisseurs rationnels ?

Les modèles de finance classiques supposent que les investisseurs font des choix rationnels, inspirés par une connaissance des données fondamentales du marché.

La finance comportementale a démontré que le comportement des investisseurs est fortement influencé par une série de biais psychologiques, sans justification rationnelle.

Pourquoi? Pour minimiser les efforts de recherche, les gens ont recours à des raisonnements subjectifs, basés sur des règles simplistes, en se convainquant que ce sont des vérités.


Des expériences défient les comportements rationnels

Des expériences démontrent comment des individus normaux peuvent être amenés, sans contrainte, à se comporter de manière irrationnelle, immorale ou même cruelle.
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1 – L’expérience de Milgram

L’expérience a été réalisée en 1960 par un psychologue américain, Stanley Milgram. Le but était d’évaluer le degré d’obéissance de sujets normaux à une autorité.

Elle a démontré que toute personne équilibrée peut effectuer les pires atrocités si l’autorité qui donne l’ordre de le faire est, à ses yeux, légitime.

L’expérience de Milgram a été refaite à plusieurs reprises par la suite, en modifiant même certains aspects de la mise en scène.
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2 – L’effet Lucifer

En 1971, le psychologue Philip Zimbardo a mené une expérience à l’université de Stanford dont le but était d’analyser les comportements humains en milieu carcéral. Il s’agissait d’un jeu de rôle auquel participaient 24 volontaires sains d’esprit et n’ayant aucun antécédent délictueux.

Une des conclusions est qu’une personne normale et intégrée peut commettre des actes atroces, non pas à cause d’un trouble ou d’un passé traumatique, mais lorsqu’on la place dans un contexte capable de la déshumaniser.

Les comportements furent si extrêmes qu’on a dû mettre un terme à l’expérience avant son terme.
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3 – L’expérience de Asch

Au début des années 50, le psychologue Solomon Asch a mené une expérience visant à évaluer le pouvoir du conformisme sur le comportement des individus.

L’expérience de Asch a démontré que les gens ont tendance à se conformer à l’opinion d’une majorité même s’ils ont une opinion différente.

Sur la foi de ces résultats, plusieurs études subséquentes ont été conduites pour évaluer la puissance du biais de conformisme.
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4 – La Troisième Vague

En 1967, un professeur d’histoire de Californie a conduit une expérience, qu’on appelle La Troisième Vague.

Dans le cadre de cette expérience, il a induit des comportements répréhensibles chez ses étudiants, alors que ceux-ci étaient fortement opposés au départ à ces mêmes comportements.

Le plus surprenant est qu’après avoir expliqué le subterfuge à ses étudiants, plusieurs ont nié avoir eu des comportements répréhensibles !

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Des dizaines d’autres expériences démontrent qu’on peut manipuler les comportements de gens convaincus de l’étendue de leurs connaissances et de leur indépendance d’esprit.

Si on peut provoquer des comportements aussi extrêmes chez des sujets normaux, comment se surprendre que l’investisseur soit influencé par des biais psychologiques inconscients?


Trois biais qui influencent les décisions d’investissement

Les biais cognitifs découlent de notre besoin de simplifier les situations complexes et prendre position sans trop d’effort. Ce sont des raccourcis intellectuels. Plusieurs résultent de l’influence que d’autres personnes ont sur nous.

Pour les déjouer, il faut en être conscients et ne pas hésiter à aller à l’encontre de nos instincts.

1 – Le biais de rareté

Le biais de rareté conduit les individus à accorder plus de valeur à un objet rare par rapport à un objet aisément disponible.

En matière de placement, l’effet de rareté laisse croire qu’un titre est exceptionnel et prendra beaucoup de valeur sous peu. Il faut l’acheter sans attendre.

On associe fréquemment ce phénomène au comportement FOMO*.

Leçon : En matière de placements, il ne faut jamais agir avec hâte.  L’approche fondamentale de PORTEFEUILLE 101 donne toute latitude pour prendre le temps d’analyser les opportunités d’investissements. Il y aura toujours d’excellents titres à acquérir, peu importe les conditions du marché.

2 – Le biais de confirmation

Le biais de confirmation est la tendance à considérer les informations qui confirment nos opinions et à discréditer celles qui les contredisent.

Les investisseurs tendent à justifier les titres qu’ils possèdent même s’ils devraient les remplacer par de meilleures cibles d’investissement. Des analystes financiers persistent à justifier leurs recommandations d’achat en dépit d’indications qui les rendraient caduques. Il est contre-nature de changer d’avis !

Leçon : Ne vous vantez pas des titres que vous détenez. Ne faites la promotion  d’aucune entreprise.

Demandez-vous plutôt si chaque titre :

® occupe la place qu’il se doit dans la structure de portefeuille,

® représente actuellement la meilleure alternative d’investissement.

3 – Le biais de mimétisme

Le biais de mimétisme est la tendance à penser et agir comme les autres.

Il procède du besoin d’appartenance (le 3e niveau dans l’échelle de Maslow). Malgré ce que les gens prétendent, ils recherchent l’approbation tacite de leurs pairs.

Ils utilisent souvent les mêmes conseillers en placements que leurs amis ou collègues. Dans certains cas, le besoin d’appartenance est si fort que le principal critère de choix n’est pas la performance du conseiller, mais le fait qu’il soit celui de gens qu’on admire.

Plus de la moitié des investisseurs âgés de moins de 40 ans s’en remettent aux médias sociaux pour obtenir conseil en matière de placement boursier (voir Pourquoi l’euphorie est ennemie de l’investisseur).

Leçon : Ne donnez aucun crédit à ceux qui vous dévoilent leur dernier tuyau ou connaissent la recette pour faire de l’argent rapidement. Si c’était le cas, ils seraient tous milliardaires!

Faites votre propre travail de recherche. Ayez confiance en votre jugement.


Conclusion

Nous sommes facilement convaincus de la justesse de nos opinions. Nous avons peine à croire qu’elles soient influencées par des biais psychologiques.

La première personne dont l‘investisseur doit se méfier, c’est lui-même.

Prendre soin de sa santé financière est une tâche exigeante. Mais le succès récompense celui qui investit les efforts pour se libérer des biais psychologiques et stéréotypes ambiants.

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Le biais de mimétisme est le biais cognitif le plus puissant. Pour s’en affranchir, il faut d’abord être capable d’être le seul à défendre une position, si impopulaire soit-elle.


FAQ

 

Comment bien investir son argent à long terme?

Trois (3) ingrédients favorisent un rendement supérieur du capital à long terme : 1) une philosophie basée sur la persévérance, la prudence et la patience, 2) une structure de portefeuille explicite et stable et 3) des titres choisis sur la base de leurs données fondamentales.

 

Comment se protéger des krachs boursiers ?

On ne peut prédire ni éviter les krachs boursiers. En revanche, les marchés boursiers montent beaucoup plus souvent qu’ils ne baissent. Un  horizon de rendement à long terme et la diversification des placements sont des conditions pour obtenir un rendement positif du portefeuille.

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Cet article a été rédigé par Marc-Olivier Desmarais, CPA, Pl. Fin.

Il est planificateur financier indépendant. Sa pratique est encadrée par l'Autorité des Marchés Financiers (AMF) et par l'Institut de Planification Financière (IPF).

À travers les articles de Portefeuille 101, son objectif est de contribuer à la littératie financière et de stimuler la réflexion en matière de finances personnelles.

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