Le secteur incontournable des énergies vertes

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La hausse fulgurante du coût des énergies fossiles donne un élan inespéré au développement des énergies vertes. L’intérêt d’y investir est double : le secteur est assuré d’une croissance considérable et plusieurs entreprises génèrent déjà des revenus stables et récurrents.


Un secteur promis à une croissance exponentielle

L’Accord de Paris, ratifié par 195 pays en 2015, a confirmé un engagement mondial à lutter contre les changements climatiques. La clé de voûte de cette démarche est de remplacer les énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz) par des énergies vertes (hydraulique, éolienne, solaire, …).

Quelques chiffres soulignent la croissance de l’industrie :

En 2021, la capacité mondiale de production des énergies vertes a cru de 9,1%.

Dans la dernière année, les énergies vertes ont représenté plus de 80 % des nouvelles capacités électriques (1).

L’A.I.E. (2) prévoit que la capacité de production d’énergie verte augmentera de 60% entre 2020 et 2026 (3).

Malgré cette forte croissance, l’urgence du réchauffement climatique exige une transition énergétique encore plus rapide. Des efforts additionnels doivent être consentis pour accélérer la mise en place de sources d’énergie non polluantes. Parce que :

Les signataires de l’accord peinent à atteindre les objectifs intérimaires de réduction des GES fixés en 2015,

Globalement, la demande en énergie augmente plus rapidement que le développement des énergies vertes.
.

La guerre russo-ukrainienne ajoute à l’urgence d’une transition

Cette guerre a deux conséquences sur l’avenir des énergies vertes :

1 – Elle entraîne une hausse spectaculaire du coût des énergies fossiles

L’Europe dans son ensemble est un important client de la Russie. Le pétrole, le gazole et le gaz russe représentent respectivement 12%, 25% et 45% de la consommation européenne (4).

Depuis le début de la guerre, les prix du gaz et du pétrole explosent. Parce que d’une part, les pays européens sont fortement dépendants des énergies fossiles russes. Mais en même temps, les pays de l’OTAN ont convenu d’éliminer progressivement ces importations. Or, les approvisionnements alternatifs sont compliqués et chers.

2 – Elle oblige l’Europe à reprendre le contrôle de ses sources d’énergie

Bien avant que la guerre ne se déclare, l’Europe avait entrepris de développer des sources d’énergie verte.

C’est ainsi que la part des énergies propres a plus que doublé entre 2004 et 2020. Elles ont compté pour 22% de la consommation d’énergie de l’Union Européenne (5).

Au-delà du calendrier de transition que les pays s’étaient fixé, ceux-ci n’ont d’autres choix que d’accélérer encore plus leurs efforts pour sécuriser leur approvisionnement en énergie.


Investir aujourd'hui pour récolter demain

Les énergies vertes deviennent plus rentables que les énergies fossiles

Le coût de mise en place des énergies vertes diminue d’année en année.

Il est désormais rentable de lancer de tels projets. Par exemple, le coût de construction d’un projet éolien est d’environ 30 $ par mégawattheure, un prix qui permet de générer un rendement sain en fonction des prix actuels (6).

En 2020, les deux tiers des nouvelles centrales d’énergie verte installées ont coûté moins cher que les centrales à combustibles fossiles les moins onéreuses installées sur la même période.

Par rapport à l’année précédente, le coût de l’énergie solaire a baissé de 16 % et celui de l’énergie éolienne terrestre de 13 % (7).

Selon l’Agence Internationale pour les Énergies Renouvelables (IRENA), les projets d’énergie renouvelable ont des coûts d’exploitation moins élevés que les projets de charbon existants. Elle ajoute que les projets initiés en 2020 permettront aux économies émergentes d’économiser jusqu’à 156 milliards $ sur l’ensemble de leur durée de vie.

Que voilà une autre raison qui explique que les nouvelles sources d’énergie ont représenté plus de 80% % des nouvelles capacités de production électriques en 2021.


Investir dans les énergies vertes

Les producteurs d’énergie verte construisent/gèrent des infrastructures de production d’électricité (parcs éoliens, solaires, etc.)  qui, à terme, génèrent des revenus récurrents dans le cadre d’accords d’achat d’électricité à long terme. Ces accords sont souvent conclus avec des distributeurs d’électricité traditionnels, tenus d’acheter de l’électricité de source renouvelable à des tarifs fixes.

En vertu de tels accords, les producteurs d’énergie visent à générer des flux de trésorerie stables. Lorsque les entreprises ont atteint leur vitesse de croisière, elles sont généralement en mesure de verser de hauts dividendes sur une base continue.

Il y a deux façons d’investir dans les énergies renouvelables :

1 – Investir dans un FNB* d’entreprises du secteur

La première façon est d’acheter des parts d’un FNB* qui investit dans un large panier de titres d’énergie renouvelable. Ceci permet de détenir indirectement des positions dans différentes entreprises spécialisées, sans avoir à effectuer les recherches pour identifier et évaluer les meilleurs titres disponibles.

Il existe de nombreux fonds de ce type, chacun géré selon une stratégie différente ou ciblant un indice d’énergie renouvelable.

Le site ETF Database Clean Energy ETF répertorie les principaux FNB* qui détiennent des positions dans des producteurs d’énergie renouvelable. Pour chaque fonds, le site donne la liste des entreprises qui le composent, le rendement historique, le taux de dividende, le ratio cours-bénéfice* et autres données.

L’avantage d’investir dans un FNB* est que c’est une façon simple de participer à la croissance de l’industrie, sans devoir analyser la performance d’entreprises particulières.

Le désavantage est d’investir aussi bien dans des entreprises performantes que non performantes. Le rendement de l’investissement ne sera jamais aussi bon que si on avait investi dans les entreprises les plus performantes.

Au lieu d’un FNB*, on peut investir dans un fonds mutuel géré activement. Dans ce cas, ledit désavantage peut être compensé par l’expertise du gestionnaire. Pour s’assurer de faire le meilleur choix, il est avantageux d’obtenir l’aide d’un conseiller financier familier avec les fonds mutuels.

2 – Investir dans un panier d’entreprises performantes

La deuxième façon est de répartir son investissement sur un nombre limité d’entreprises rentables qui :

♦ affichent une solide croissance des revenus,

♦ versent un dividende sur une base régulière,

♦ ont la confiance d’une majorité analystes financiers.

On peut sélectionner un nombre limité d’entreprises qui composent les FNB* répertoriés sur le site ETF Database Clean Energy ETF.

Une autre façon est de lancer une recherche de titres en tapant « best renewable energy stocks » sur Google.

Dans les deux cas, l’investisseur devrait choisir les titres d’entreprises matures qui répondent aux critères d’évaluation applicables aux entreprises à dividendes (8).

L’avantage d’investir dans un panier d’entreprises performantes et suivies par un grand nombre d’analystes est qu’on a la chance d’obtenir un rendement supérieur si une majorité de ces entreprises continuent de progresser.

Le désavantage est qu’on risque d’obtenir un rendement médiocre, voire négatif, si les conditions du marché viennent favoriser les affaires de nouveaux compétiteurs.

Dans tous les cas, cette option oblige l’investisseur à effectuer un travail de recherche et d’évaluation élaboré. Ceci pourrait en rebuter plusieurs. De plus, cela exige de suivre systématiquement l’évolution des entreprises dans lesquelles il aura investi.


Conclusion

Il y a quatre (4) raisons pour lesquelles les énergies vertes représentent un investissement incontournable :

l’engagement des pays à investir les sommes nécessaires pour résorber le réchauffement climatique,

l’urgence de développer l’autonomie des approvisionnements et se dégager d’une dépendance envers des pays rogues,

la rentabilité supérieure des projets d’énergies vertes par rapport aux projets d’énergies fossiles,

pour l’investisseur, des placements boursiers qui procurent des rendements stables.

L’investisseur dispose de deux (2) alternatives pour investir dans cette industrie. Chaque alternative comporte ses propres avantages et inconvénients.

L’important est de trouver celle qui correspond à ses attentes, aux risques qu’il accepte de prendre et aux efforts de recherche qu’il est prêt à consentir.

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(0)

(1) Capacités renouvelables : une croissance de 9 % dans le monde l’an passé, Infodurable, Avril ’22.
(2) L’Agence Internationale de l’Énergie est un organisme dont le but est d’assurer la sécurité des approvisionnements énergétiques.
(3) US News and World Report, March 28 ’22.
(4) L’Europe devra se tourner vers d’autres sources d’approvisionnement, La Presse, 31 mai ’22.
(5) Renewable energy statistics, Eurostat, Jan ’22.
(6) De bonnes perspectives en matière d’énergie renouvelable pour l’Alberta, Radio-Canada, 1er janvier ’22.
(7) Renewable energy statistics, Eurostat, Jan ’22.
(8) Voir Évaluer les titres à dividendes

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FAQ

 

Pourquoi investir dans la transition écologique?

C’est la nécessité d’adopter les principes et les pratiques qui feront évoluer notre modèle économique et social vers un modèle durable. Cela se fera dans les respect de la nature et de notre environnement humain.

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Comment choisir un fonds de placements ?

Parmi les facteurs à considérer: le rendement historique sur 3, 5 et 10 ans, le niveau de risque, les frais de gestion et l’expérience du gestionnaire. On recommande de demander l’aide d’un conseiller financier spécialisé dans ce type de placements.

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Quelle sont les principales sources d’énergie verte?

Les cinq principales sources d’énergie verte sont l’énergie hydraulique, l’énergie éolienne, l’énergie solaire, la biomasse et la géothermie. L’énergie hydraulique demeure l’une des sources d’énergie verte la plus répandue.