Quel rendement peut-on espérer du marché boursier?

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On ne peut prévoir le rendement à court terme de la bourse. Sur de courtes périodes, le rendement dépend davantage des sentiments des investisseurs que des données économiques fondamentales. Mais, sur un horizon de 10 ans, il est possible d’anticiper les rendements auxquels on peut raisonnablement s’attendre.

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Les rendements varient de façon importante d’une année à l’autre

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En revanche, les écarts entre les rendements moyens de périodes plus longues sont moins importants:
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Plus la période est longue, plus les écarts de rendement tendent à se rétrécir.


Aucun indicateur n’est concluant à court terme

À chaque année, des experts annoncent leurs prédictions boursières. Ils appuient leurs chiffres sur des données telles que l’emploi, l’évolution des taux d’intérêt, les bénéfices des entreprises, etc.

Aucun expert n’a jamais réussi à prédire le comportement de la bourse année après année. Lorsque les prédictions d’untel se réalisent, cela relève plus du hasard que de la prospective.

Le gestionnaire de fonds Vanguard a analysé la valeur prédictive de 12 indicateurs économiques. Remontant à 1926, Vanguard conclut qu’aucun indicateur ne procure une estimation fiable du rendement boursier de l’année à venir (1).

 

Deux paramètres dictent le rendement de la bourse à long terme

Selon Vanguard, le meilleur indicateur du rendement boursier est le ratio cours-bénéfice*. Sur les 20 dernières années, le ratio cours-bénéfice moyen de la bourse américaine est de 16 (source: S&P 500 Ratio by Year).  Le fait que la bourse se transige à des ratios largement supérieurs depuis 5 ans s’explique par la valorisation élevée des grandes sociétés technologiques (Alphabet, Amazon, Apple, Microsoft, Meta, Nvidia).

Warren Buffett ajoute un autre indicateur : les taux d’intérêt. Plus les taux d’intérêt sont élevés, plus la valeur des titres tend à diminuer et vice-versa. Autrement dit, le ratio cours-bénéfice varie de façon inversement proportionnelle au niveau des taux d’intérêt.

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Hélas, ces deux indicateurs sont utiles pour expliquer le comportement passé de la bourse, pas pour le prédire.

Parce qu’on ne sait pas quels seront les bénéfices futurs des entreprises, pas plus que le niveau des taux d’intérêt dans l’avenir.


L’IPF estime des rendements boursiers prospectifs

L’Institut de planification financière (IPF) assure la protection du public en matière de finances personnelles par la formation de planificateurs financiers et le maintien de normes professionnelles strictes.

À chaque année, l’organisme publie des hypothèses de rendement à utiliser pour différents types de placements. Ce ne sont pas des prédictions, mais plutôt des attentes de rendement à long terme (la période de référence est 10 ans)

Pour 2026, l’IPF recommande d’utiliser des taux de rendement à long terme de 6,3% pour les actions canadiennes et 6,4% pour les actions américaines (source: IPF).

L’organisme fonde ses propositions sur :

1 – Les taux de rendement estimés, publiés dans les rapports actuariels les plus récents du RPC et du RRQ,

2 – Une moyenne des taux de rendement estimés par des experts en placements sondés par l’IPF et FP Canada,

3 – Les taux de rendement historiques de l’indice boursier principal sur les cinquante (50) dernières années.


Une autre façon de calculer les rendements à long terme de la bourse

Voyons dans quelle mesure on peut corroborer les calculs de l’IPF en se basant sur trois (3) données utilisées pour déterminer le rendement à long terme des marchés :

1 – Le taux de croissance de l’économie

Sur les 30 dernières années, le taux de croissance annuel du PIB* Canada-États-Unis (en dollars constants) est de 2,1% (2).

2 – Le taux d’inflation

Sur les 30 dernières années, le taux d’inflation annuel a été de 1,9% (3) au Canada et de 2,7% (4) aux États-Unis. Un taux prospectif de 2% peut donc être utilisé pour les deux marchés.

3 – La prime de risque

La prime de risque de marché représente le rendement supplémentaire exigé sur des placements qui comportent un risque de perte (tels que des actions cotées en bourse), par rapport au rendement obtenu sur des placements dont le risque de perte est quasi nul. Les titres émis par le trésor américain sont des placements dont le risque de perte est quasi nul.

Aux États-Unis, le rendement historique de la bourse (hors inflation) se situe entre 6,5 % et 7 %. Ce rendement se compare au rendement historique des obligations fédérales 10 ans de 3,4 %. La différence de 3,3% est la prime de risque. Cet écart serait similaire dans l’ensemble des pays développés (5).

Sur cette base, voici comment se comparent les deux calculs de rendements prospectifs de la bourse :


Il n’existe pas de formules uniques pour estimer les rendements futurs de la  bourse. Les calculs de PORTEFEUILLE 101 et de l’IPF sont établis sur des bases différentes.

Mais ils convergent. Ils suggèrent que les bourses nord-américaines pourraient, à long terme, dégager des rendements annuels (en dollars courants) de 6% à 7,5%.

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(0)

(1) Quel rendement attendre de la bourse pour les dix prochaines années ? Finance & Investissement, 2 août 2019
(2) Canada GDP Growth Rate / Us GDP Growth Rate, Macrotrends.
(3) CPI Inflation Calculator
(4) CPI Inflation Calculator
(5) Le couple rendement-risque, La finance pour tous, 11 mars 2021

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FAQ

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Comment calculer le rendement d’un indice boursier ?

Le rendement d’un indice pour une période donnée est égal à la différence entre la valeur de l’indice constatée à deux dates différente (soit les dates de début et de fin de période) divisée par la valeur de début.
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Quels sont les meilleurs placements sans risques ?

Tous les placements comportent un risque. Il y a le risque de perte du capital et le risque de perte de rendement. À long terme, un placement dont le capital est garanti mais dont le rendement annuel est minime peut être aussi risqué qu’un placement dont la valeur du capital fluctue mais qui procure un rendement annuel supérieur sous forme de dividende.

Cet article a été rédigé par Marc-Olivier Desmarais, CPA, Pl. Fin.

Il est planificateur financier indépendant. Sa pratique est encadrée par l'Autorité des Marchés Financiers (AMF) et par l'Institut de Planification Financière (IPF).

À travers les articles de Portefeuille 101, son objectif est de contribuer à la littératie financière et de stimuler la réflexion en matière de finances personnelles.

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