Fondement #17

Quand faut-il vendre un titre?

Progression
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Arrivederci

“Never throw good money after bad”

Il est difficile de savoir quand on doit vendre un titre. Les indices à surveiller sont moins précis. Ils peuvent même être contradictoires.

Dois-je vendre un titre parce qu’il a « trop » monté ou parce qu’il a « trop » baissé?

Pour plusieurs, vendre parce que le titre a « trop » monté est plus facile que de vendre parce qu’il a « trop » baissé.

On accepte mal de perdre. C’est contre nature. On investit pour gagner.

Pourtant, il y a souvent plus de raisons de conserver un titre qui a doublé qu’un titre qui a perdu 50% de sa valeur.

Même si la décision de vendre comporte à chaque fois des interrogations auxquelles on ne peut répondre clairement, cette décision doit être dénuée de réactions instinctives. Elle doit être basée sur des indices objectifs. Aussi, lorsque les indices l’y conduisent, la décision de vendre doit être expéditive. En matière de placements, la procrastination est un ennemi insidieux.

Les signaux d'alarme

1)   Réduction du dividende

Une réduction du dividende est souvent signe d'une détérioration des résultats et, conséquemment, des flux de trésorerie de l'entreprise.

Un des signes avant-coureurs d'une réduction dividende est lorsque le taux de distribution du dividende* s'approche ou dépasse 100%. Dans de tels cas, il importe d'estimer s'il s'agit d'une situation ponctuelle ou si la détérioration des résultats est une tendance. Pour ce faire, on peut prendre connaissance des explications données dans les rapports émanant de l'entreprise et dans les commentaires d'analystes financiers.

Mais lorsque la décision de réduire le dividende est annoncée ou qu'il devient évident qu'elle le sera, on devrait sérieusement considérer se départir du titre.

2)   Hausse du ratio cours-bénéfices (P/E)

La hausse du P/E peut être due à une baisse des bénéfices ou à une hausse du cours du titre.

Dans les 2 cas, la première étape est d’obtenir les raisons, en lisant les derniers rapports (ou déclarations) de la direction et/ou les commentaires d’analystes.

Si la baisse des bénéfices est attribuable à une cause exceptionnelle, on garde le titre. Si la hausse du prix est due à un fait qui aura des répercussions sur les résultats futurs (ex : obtention d’un nouveau client, homologation d’un nouveau produit,…), on conserve le titre.

Dans tous les cas, on doit déterminer si le ratio cours-bénéfices du titre dépasse les ratios d’entreprises du même secteur d’activités. Si c’est le cas, il importe de savoir pourquoi.

3)   Détérioration du taux d’endettement

Une augmentation du rapport entre la dette totale et la valeur nette indique des flux de trésorerie négatifs, sauf si l'entreprise a augmenté ses dépenses en capital. À l'exception de ce dernier cas, une augmentation du ratio d'endettement sur plus de 2 ans annonce généralement une détérioration des marges bénéficiaires.

4)   Tendance baissière du chiffre d’affaires

Un chiffre d’affaires en baisse sur plus de 2 ans peut être symptomatique d'une intensification de la concurrence, de guerres de prix ou de technologies émergentes qui supplantent graduellement les produits ou services de l’entreprise.

5)   Baisse du prix du titre de plus de 15%

Si un titre baisse de 15% ou plus dans le cadre d’une baisse généralisée des marchés, c’est une erreur de vendre. Ceux qui ont agi de la sorte lors du crash de 2008 l’ont bien réalisé. La plupart des titres se sont redressés en 2009, dont plusieurs de façon spectaculaire. Un crash boursier présente plus d’opportunités d’achats que de raisons de vendre.

Par contre, lorsqu’un titre baisse de plus de 15% sans relation avec les variations de la bourse, cela indique qu’une mauvaise nouvelle vient d’être rendue publique. Avant de prendre la décision, on doit tenter d’en connaître la nature. S’il s’agit d’un titre à haut dividende (plus de 4%) et qu’on croit que le dividende est sécure, il n’y a pas d’urgence de vendre. S’il ne s’agit pas d’un titre à haut dividende, on devrait normalement en disposer.

6)   Le titre dépasse sa quote-part maximale du portefeuille

La valeur marchande de chacun des titres du portefeuille doit se situer en deça de la quote-part maximale qu’on a fixé au départ. Par exemple, dans un portefeuille de plus de $250,000, un titre ne devrait pas représenter plus de 7,5% du portefeuille total. Dans un portefeuille de plus de $1 million, la proportion ne devrait pas excéder 5%.

7)   Une catégorie de titres dépasse sa pondération-cible du portefeuille

Le fondement Structure du portefeuille décrit chacune des catégories de titres qui forment le portefeuille global. Chaque catégorie devrait représenter un pourcentage-cible du portefeuille. Par exemple, le pourcentage-cible de la catégorie "Métaux précieux" est de 4%. Donc, si la valeur des titres constituant la catégorie "Métaux précieux" dépasse 5% (soit 1% de plus que le pourcentage-cible), on devrait vendre une partie des titres détenus pour ramener la pondération de la catégorie autour de 4%. Ainsi en va-t-il des autres catégories.

8)   Changement de chef de la direction financière

Il est normal que des membres de la haute direction soient remplacés pour cause d’âge ou parce que le titulaire a reçu des offres d’emploi plus intéressantes ou encore parce qu’il désire relever de nouveaux défis.

Toutefois, lorsque le chef de la direction financière (CFO) quitte, on doit savoir pourquoi. En effet, le CFO est le premier chien de garde de l’intégrité financière de l’entreprise. Ce rôle est particulièrement important dans une entreprise cotée en bourse. Un départ peut être le signe de désaccord ou même de conflit larvé avec le chef de la direction. Les vraies raisons d’un départ dans de telles circonstances sont rarement connues du public. Les entreprises tiennent à protéger leur réputation.

On doit donc tenter de rapprocher une telle annonce avec des faits récents: de mauvais résultats, des retards à produire les états financiers, des retraitements d’informations déjà produites, l’annonce d’enquêtes de la part des autorités règlementaires… Si le départ d’un CFO semble relié à des nouvelles de ce genre ou si on laisse entendre qu’il serait dû à des désaccords avec le chef de la direction, que voilà une raison de larguer le titre, au moins jusqu’à ce que la situation soit plus claire.

Quand faut-il vendre un fonds à capital fermé (FCF)?

Trois (3) indicateurs sont utiles pour déterminer si on doit vendre nos parts d'un FCF*:

1 -  Une réduction importante de l'escompte

Dans Inclure des FCF dans son portefeuille, on explique qu'un FCF peut se transiger à prime ou à escompte. Il se transige à prime lorsque sa valeur marchande est supérieure à la valeur boursière des titres qu'il détient; il se transige à escompte lorsque sa valeur marchande est inférieure à la valeur boursière de ces titres.

Par exemple, si l'escompte est de 5%, cela signifie que l'on acquiert des titres d'une valeur marchande de $100 pour $95. L'escompte représente une marge de sécurité.

Si un FCF se vend à prime, c'est peut-être (mais pas nécessairement) parce qu'une partie du dividende est une distribution de capital. Cette situation se produit lorsque le dividende excède le bénéfice net réalisé par le fonds. Si cette situation perdure, il faut sérieusement penser à vendre le titre.

2 -  Un secteur sous pression

Certains FCF investissent dans des industries ou secteurs spécifiques. Il peut arriver qu'un tel secteur subisse une pression des marchés pour des raisons qui lui sont particulières. Un exemple: plusieurs FCF américains investissent dans les obligations municipales (muni bonds). En mars 2017, la firme S&P* a réduit la cote de crédit des obligations de la Pennsylvanie. Ceci a rapidement entraîné une baisse du cours des parts du fonds VPV, spécialisé dans les obligations de cet état.

3 - Un  marché baissier

La philosophie de PORTEFEUILLE 101 est d’acquérir des titres avec l’intention de les conserver à long terme. Ceci ne change pas.

Le cas des FCF est quelque peu différent. On détient un FCF principalement pour le rendement de son dividende. L’intérêt particulier d’un FCF est que son taux de dividende est plus élevé que le rendement qu'on peut généralement obtenir d'une action d'entreprise individuelle. Une des raisons pour lesquelles le rendement est élevé est que le fonds utilise un effet de levier, lequel peut représenter 33% de la valeur des titres détenus.

En période de baisse soutenue des marchés, l’effet de levier a l’effet inverse, c’est-à-dire qu’il est susceptible d’entamer sérieusement le rendement du fonds. Ce qui peut se traduire par une réduction de son dividende.

Si on anticipe l’émergence d’un marché baissier soutenu, il y a lieu d’envisager de réduire nos positions dans les FCF.


Finalement, l'investisseur doit pouvoir identifier les points forts et faibles de sa stratégie de placements.

Le Portefeuille de Référence 101

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