Les incontournables banques canadiennes
Historiquement, un investissement dans les banques canadiennes a offert un des meilleurs rapports risque-rendement*. La situation géopolitique actuelle suggère d’autres raisons de surpondérer leur poids dans le portefeuille de placements.
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Un historique de stabilité et de rentabilité
Les banques canadiennes offrent l’un des meilleurs rapports risque-rendement. Pour plusieurs raisons :
1 – Un nombre restreint de joueurs sous la loupe
Les 6 grandes banques canadiennes dominent les activités du secteur bancaire canadien. Elles comptent pour 85 % des dépôts (1). N’étant que 6, elles sont suivies par un grand nombre d’analystes financiers qui décortiquent leurs résultats sur une base continue.
2 – Un secteur étroitement règlementé
Le BSIF* applique la règlementation applicable au secteur financier canadien.
Il exerce des contrôles visant à anticiper des problèmes potentiels (maintien de fonds propres adéquats, application de normes comptables rigoureuses, cadre d’inspection axé sur la prévention des risques…).
Par rapport aux États-Unis, le contraste est frappant. Ce pays compte plus de 4 000 banques régies, selon leur charte, par une série de réglementations différentes. La gestion du système bancaire américain affiche un degré de complexité incomparablement plus élevé.
3 – L‘économie et le secteur bancaire soumis à 2 organismes indépendants
Aux États-Unis, la Fed joue 2 rôles : elle gère la politique monétaire et règlemente le secteur financier. Ici, la Banque du Canada ne gère que la politique monétaire. Le BSIF* règlemente le secteur bancaire. Il est indépendant de la banque centrale. L’indépendance du BSIF* protège d’un conflit d’intérêt qui pourrait survenir s’il relevait de cette dernière.
4 – Des réserves de capital qui excèdent les niveaux requis
Les six grandes banques canadiennes maintiennent un ratio de fonds propres CET1* de 13,5%, lequel excède largement le minimum règlementaire de 11,0 % (2).
Aux États-Unis, les grandes banques sont tenues de maintenir un ratio CET1* de 4,5%, auquel s’ajoutent des coussins additionnels de l’ordre de 2,5–3% (3).
5 – Des sources de revenus diversifiées
Les banques à charte canadiennes ont des sources de revenus diversifiées.
Les activités hors crédit (gestion de patrimoine, activités d’assurance, courtage, fusions/acquisitions,…) représentent maintenant plus de 50% de leurs revenus (4).
Les banques se sont également diversifiées sur le plan géographique. Selon les données de la Banque du Canada, les actifs et passifs étrangers des banques canadiennes comptent aussi pour 50 % du total (5).
La diversification des sources de revenu diminue les risques d’y investir.
6 – Un secteur rentable et porteur de dividendes
Au cours des 10 dernières années, un investissement à parts égales dans les six (6) grandes banques canadiennes a produit un rendement annuel de 16,2% (6), comparé au rendement de 10,9% (7) de la bourse canadienne.
Au cours des 25 dernières années, 5 des 6 banques ont augmenté leur dividende annuel 23 fois, et une l’a augmenté 21 fois (8).

Deux raisons additionnelles de privilégier les banques canadiennes
Dans le contexte économique actuel, deux éléments suggèrent de surpondérer le poids des banques canadiennes dans le portefeuille de placements :
1 – L’inflation et les taux d’intérêt
Des études démontrent que le rendement boursier des actions des banques dépasse le rendement de la bourse lorsque l’inflation est en hausse. Cette relation est nettement plus marquée lors des périodes d’inflation élevée (9).
Ceci s’explique par le fait qu’une hausse du taux d’inflation entraîne invariablement une hausse des taux d’intérêt.
Lorsque les taux montent, les banques augmentent leurs taux sur prêts plus rapidement que les taux consentis sur les dépôts des clients. L’augmentation des taux d’intérêt sur dépôts peut également être moindre que la hausse des taux sur prêts.
Résultat : l’augmentation de la marge nette d’intérêt augmente automatiquement le bénéfice des banques.
Or, le risque que les taux d’intérêt demeurent élevés est important. Pour deux raisons :
A. Le contexte géopolitique
Les conflits géopolitiques qui perdurent causent des pénuries qui alimentent l’inflation.
Les faits laissent à penser que l’inflation pourrait être plus résiliente que certains pensent.
Malgré la récente hausse du taux directeur US, le taux d’inflation de base de 3% (excluant l’alimentation et l’énergie) continue d’excéder largement l’objectif de 2% (10).
On met en cause la hausse des prix de l’énergie. La réalité est que les pressions inflationnistes sont généralisées, non pas concentrées sur un seul composant (11).
B. La demande de capital
On assiste à une demande record de financement pour deux raisons :
♦ Les déficits budgétaires des pays occidentaux
Les déficits records des pays occidentaux entraînent une demande de fonds qui excède ce que le marché obligataire avait connu jusqu’ici.
Pour illustrer ce dont on parle :
La seule dette fédérale américaine (excluant la dette des états et des villes) excède $40,000 milliards. Cette dette croit de 5% par année, alimentée par un déficit budgétaire annuel de $2,000 milliards (12). À cela s’ajoute la dette des états et des villes à hauteur de $6,100 milliards…
Le problème s’étend à de nombreux autres pays qui accusent aussi des déficits budgétaires récurrents.
Ainsi, la dette nationale des pays de l’Union Européenne s’élève à $18,000 milliards (13). Cette dette augmente à hauteur des déficits budgétaires qui s’élèvent annuellement à $670 milliards. À ce rythme, la dette nationale des pays de l’Union Européenne devrait augmenter de 4% par année.
♦ Les investissements dans les infrastructures IA
En 2026, les investissements liés à l’IA* dépasseront $1,000 milliards, financés principalement par le marché obligataire. À fin août, l’émission de dette afférente à l’IA* a déjà atteint $500 milliards. Goldman Sachs prévoit que les investissements en IA* atteindront $1,200 milliards (14).
La dette liée à l’IA* représente 25 % des émissions obligataires privées, comparé à 4 % il y a deux ans. Conséquence de la hausse du volume obligataire privé, les rendements de ces obligations augmentent de façon importante. Exemples : Meta a émis des obligations assorties d’un rendement exceptionnellement élevé de 7%; d’autres acteurs IA* ont consenti des rendements excédant 9 % (15).
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La hausse de la demande de crédit des gouvernements et des entreprises liées à l’IA* contribuera à maintenir des taux d’intérêt élevés, voire entraîner des augmentations.
Non seulement les banques canadiennes devraient être moins affectées que les entreprises d’autres secteurs, elles pourraient en bénéficier.
2 – Les projets d’investissements du gouvernement canadien
Motivé en bonne partie par une dégradation des relations avec les États-Unis, le gouvernement canadien a convenu d’investir massivement pour affermir l’indépendance économique et les capacités concurrentielles du Canada.
À cette fin, il a élaboré un plan visant à catalyser des investissements de $1,000 milliards (16).
À l’automne 2026, un Sommet Canadien sur l’Investissement a réuni des investisseurs de 30 pays, en présence des responsables des investissements des caisses de retraite gouvernementales canadiennes (CPP Investissements / PSP Investissements).
Le Sommet a permis d’annoncer des investissements de $500 milliards.
Les grandes banques canadiennes ont participé au Sommet. Elles se sont engagées à financer des entreprises et des projets d’infrastructure à hauteur de $325 milliards.
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Les projets d’investissement envisagés vont bénéficier directement aux banques canadiennes. Ils créeront une demande massive de financement et de services-conseils spécialisés.
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Les grandes banques canadiennes ont affiché des résultats exceptionnels en 2025 et 2026. D’octobre 2025 à 2026, leurs cours boursiers ont grimpé de 40% – 50%.
Les règles conventionnelles suggèrent que leurs valorisations sont excessives. Plusieurs investisseurs sont tentés d’en différer l’achat. Sans trop savoir quand il sera temps de s’y intéresser à nouveau.
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Il reste que les banques canadiennes demeurent des choix incontournables pour celui qui investit dans le cadre d’un horizon de rendement à long terme.
Prendre le risque de les surpondérer vaut mieux que de s’en abstenir pour des considérations dénuées de perspective.
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(1) Globe & Mail, July ’26.
(2) BSIF, 19 juin ’26.
(3) Visbanking, Sept ’25.
(4) E304 : Comprendre les résultats des banques, BMO, 5 mars ’26.
(5) The International Exposure of the Canadian Banking System, Bank of Canada, January ’25.
(6) Morningstar. Rendement du fonds ZEB, un FNB* investi à parts égales dans les 6 grandes banques canadiennes.
(7) Morningstar. Rendement du fonds indiciel canadien EWC.
(8) Canadian Dividend All-Stars, Sept ’26.
(9) Do banks gain from inflation, Federal Reserve Board of Governors, June ’24.
(10) US Bureau of Economic Analysis, August ’26.
(11) Selon Beth Hammack, Federal Bank of Cleveland, October 12 ’26.
(12) Congressional Budget Office
(13) Eurostat, Octobre ’26. La dette en euros est convertie au taux de €1= $1,1.
(14) Global AI Investment, Goldman Sachs, Aug-7 ’26.
(15) La dette se creuse et accélère la hausse des taux d’intérêt, La Presse, 5-oct ’26.
(16) The first Canada Investment Summit, Prime Minister of Canada, Sept-15 ’26.
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FAQ
Une banque assume-t-elle des risques différents de ceux d’une compagnie d’assurance?
Une banque doit gérer le risque de crédit (défaut de paiement des emprunteurs). Une compagnie d’assurance doit gérer le risque actuariel (estimation du coût des sinistres futurs).
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Est-il plus risqué d’investir dans le secteur bancaire ou le secteur industriel?
Règle générale, le secteur industriel est plus risqué. Ces entreprises sont tributaires de la demande pour leurs produits, du coût et de la logistique des approvisionnements. Les banques sont sensibles aux résultats des entreprises auxquelles elles prêtent. Cela étant, elles détiennent des garanties sur leurs actifs. De plus, le risque des banques est réparti sur des entreprises de différentes industries. Enfin, 50% de leurs revenus proviennent d’activités hors crédit.
Cet article a été rédigé par Marc-Olivier Desmarais, CPA, Pl. Fin.
Il est planificateur financier indépendant. Sa pratique est encadrée par l'Autorité des Marchés Financiers (AMF) et par l'Institut de Planification Financière (IPF).
À travers les articles de Portefeuille 101, son objectif est de contribuer à la littératie financière et de stimuler la réflexion en matière de finances personnelles.
