Comment investir dans le marché privé?

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Cet article présente la suite et la conclusion de :

Investir dans le marché privé

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Trois (3) conditions pour augmenter les probabilités de succès

Il est loisible d’optimiser les chances de succès d’un investissement dans le marché privé à trois conditions :

1 – Maintenir un horizon à long terme

Le marché privé comporte un volume de transactions plus faible que le marché boursier. De plus, les investissements dans ces entreprises sont souvent effectués pour des périodes de plusieurs années. C’est pourquoi, il est difficile d’entrer et sortir d’un placement privé aussi rapidement qu’un placement boursier.

Un phénomène récent illustre bien cette problématique.

Pour comprendre, il faut savoir qu’une forte proportion des investissements dans le marché privé est réalisée par des fonds de placement cotés en bourse.

Au cours de l’hiver 2026, le sentiment des investisseurs américains vis-à-vis le marché privé s’est fortement détérioré. Une des raisons est la crainte (fondée ou non) que le développement de l’IA* ne mette en péril la rentabilité, voire la survie, des PME engagées dans l’industrie des logiciels.

Comme une partie du marché privé est investi dans cette industrie, de nombreux investisseurs ont rapidement décidé de vendre les actions détenues dans les fonds de placement dédiés au marché privé. Le mouvement s’est amplifié à tel point que ces fonds ont été contraints de surseoir aux remboursements demandés, au-delà des sommes dont ils disposaient à cette fin.

Certains ont prétendu que le fait de limiter les remboursements aux détenteurs de parts témoigne de problèmes financiers que connaîtrait l’ensemble du marché privé.

La réalité est la suivante : il est possible qu’une partie des investissements dans l’industrie des logiciels soit affectée par l’IA*. La vraie raison est que les fonds investis dans les entreprises débitrices ne peuvent être rappelés pour la seule raison que les bailleurs de fonds réclament soudainement de récupérer leur mise. Ceci pourrait mettre en péril la survie de ces mêmes entreprises!

Au départ, les investisseurs doivent comprendre que les fonds de capital ou de crédit privés ne sont pas investis à demande, mais pour des périodes de long terme.

2 – Investir dans des FNB plutôt que des entreprises individuelles

La loi exige que les entreprises cotées en bourse à divulguer des informations financières et opérationnelles exhaustives tout au long de l’année. Ces informations sont publiques et accessibles gratuitement. Elles font l’objet d’analyses et de recommandations de la part d’analystes financiers. Ceux-ci décortiquent les données financières essentielles et posent des questions aux dirigeants.

A contrario, investir directement dans une entreprise privée requiert un travail de recherche et d’analyse beaucoup plus fastidieux en l’absence d’un encadrement professionnel et de strictes exigences de divulgation.

C’est pourquoi la meilleure façon d’investir dans le marché privé est d’acheter des parts d’un FNB*, détenant exclusivement des positions dans des entreprises privées.

Ceci comporte 3 avantages :

A. Le support d’une équipe d’experts

Le choix et le suivi des entreprises dans lesquelles le fonds détient des positions sont assurés par des professionnels spécialisés qui disposent d’outils d’analyse indisponibles à l’investisseur amateur.

B. La diversification

Un fonds de placement détient des positions dans plusieurs entreprises. La probabilité qu’une entreprise sublisse des pertes est compensée par la probabilité qu’une autre réalise des gains.

C. Bénéficier des avantages d’une entreprise cotée en bourse

Parmi les fonds de placements dédiés au marché privé, on compte des fonds privés et des FNB*.

Comme toutes les entreprises publiques, les FNB* doivent divulguer régulièrement des informations financières et opérationnelles exhaustives. Ceci permet à l’investisseur d’évaluer plus facilement leur profil et leur performance. Il est d’autant plus facile de comparer les différents FNB* qui opère dans les industries du capital privé et du crédit privé.

Accéder à de telles informations est une tâche ardue dans le cas des fonds de placement privés.

3 – Privilégier le marché américain

Il est beaucoup plus facile d’investir sur le marché privé américain que sur le marché canadien.

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Le marché canadien compte peu d’entreprises et de FNB* dédiés au marché privé. La plupart des fonds de placements sont eux-mêmes privés. L’investisseur amateur dispose de peu de ressources pour obtenir l’information nécessaire pour évaluer et comparer la performance de ces fonds.

En plus des fonds privés, quelques entreprises publiques investissent dans le marché privé. Mais cela offre un maigre choix à l’investisseur.

Au Canada, investir dans le marché privé est comme circuler dans une « boîte noire ».

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Les États-Unis offrent une toute autre perspective.

On y retrouve pas moins de 19,000 fonds de capital privé (1). Sur ce nombre, 101 sont des FNB*. À eux seuls, ces fonds affichent une capitalisation de $700 milliards, soit près de 20% du capital privé investi (2). Cliquer ici pour consulter la liste des plus importants FNB* dédiés au marché privé.

À ceux-ci s’ajoutent les BDC, un groupe d’institutions financières spécialisées dans le crédit privé. Les BDC* ont été créées pour répondre aux besoins de financement des entreprises non cotées en bourse, délaissées par les banques traditionnelles dans la foulée de la crise financière de 2008.

Un des avantages des BDC est que la plupart paient de hauts dividendes.

On compte environ 50 BDC* cotées en bourse.

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(0)

(1) More PE Funds Than McDonald’s…, Bloomberg, Oct 1 ’25.
(2) S&P Listed Private Equity Index, S&P Global, April 3 ’26.

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Cet article a été rédigé par Marc-Olivier Desmarais, CPA, Pl. Fin.

Il est planificateur financier indépendant. Sa pratique est encadrée par l'Autorité des Marchés Financiers (AMF) et par l'Institut de Planification Financière (IPF).

À travers les articles de Portefeuille 101, son objectif est de contribuer à la littératie financière et de stimuler la réflexion en matière de finances personnelles.

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