La Tribune apporte des réponses succinctes à des questions portant sur les finances personnelles. Ces réponses ne sont qu’informatives et pourraient ne pas être adaptées à toutes les situations. Le cas échéant, il est souhaitable d’obtenir un conseil professionnel.

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La bourse ou l’immobilier?

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La bourse ou l’immobilier?

Pour faire fructifier un patrimoine, quelle est la meilleure stratégie : investir à la bourse ou dans l’immobilier ?

Pour comprendre de quoi on parle, précisons en quoi consistent les 2 types d’investissement :

Bourse – Investissement dans un panier de titres transigés à la bourse ou dans des fonds communs de placements.

Immobilier – Investissement dans des immeubles locatifs (immeubles multiplex ou unités de condo mises en location).

Dans les deux cas, on élimine les transactions de type « flip ». c’est-à-dire les transactions spéculatives où on achète et revend l’actif en peu de temps en vue de réaliser un gain rapide. Dans les 2 cas, l’horizon de rendement minimum est 5 ans.

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Bourse ou immobilier? Il n’y a pas de réponse toute faite. Cela dépend des goûts et des compétences de chacun. Car les deux types d’investissements diffèrent selon 5 facteurs :

1 – Le temps requis

L’immobilier requiert plus de temps. Il faut louer les logements, percevoir les loyers, répondre aux demandes des locataires, effectuer ou superviser les travaux de maintenance, tenir la comptabilité.

Maintenir un portefeuille boursier exige quelques heures de travail par année.

2 – Les contraintes légales

Les immeubles à logements locatifs sont soumis à des lois et à la règlementation d’organismes. Au Québec, la Régie du logement et l’Office municipal d’habitation sont des exemples. Les exigences règlementaires peuvent varier selon les régions. Aussi, elles évoluent avec le temps.

Il n’y a pas de contraintes légales particulières associées à l’investissement boursier individuel classique.

3 – La gestion des risques

La personne qui investit dans des multiplex peut répartir son risque sur un nombre limité de bâtiments (1-3).

Un portefeuille boursier peut facilement compter 10, 20, 30 titres ou plus. Cela permet de minimiser le risque en répartissant le capital sur des titres de catégories, d’industries et de marchés géographiques différents (Amérique, Europe…).

4 – Les délais d’investissement et de désinvestissement

En immobilier, le délai pour  trouver, évaluer et acquérir un immeuble se calcule généralement en termes de mois. Il peut être difficile de vendre rapidement si la situation l’exige, auquel cas on devrait peut-être réduire le prix sensiblement.

Le délai pour identifier, évaluer et transiger un titre boursier se calcule en termes d’heures, au pire d’un jour ou deux.

5 – Les aptitudes et les compétences propres

L’investisseur qui possède des unités de logement locatif doit idéalement avoir des connaissances de base en matière de bâtiment. Cela lui permet d’identifier et de régler lui-même plusieurs problèmes mineurs (plomberie, menuiserie …), ce qui est moins cher que de recourir à des sous-traitants.

Le propriétaire doit avoir le goût de consacrer du temps à faire face aux situations problématiques et à traiter avec tous les intervenants impliqués.

Celui qui investit à la bourse doit connaître la nature des placements qu’il est appelé à transiger et maintenir une structure de portefeuille permettant de maximiser son rendement.

Il peut le faire lui-même ou faire appel à un conseiller financier fiable qu’il aura pris le temps de choisir. Dans ce dernier cas, le coût est négligeable pour peu que le travail soit effectué avec la compétence requise.


On peut aussi investir dans l’immobilier sans acheter d’immeuble

Il existe un moyen d’investir dans l’immobilier sans être propriétaire d’un immeuble. Il suffit d’acheter des parts de FPI*.

Cette option permet de participer l’essor du secteur immobilier, sans avoir à assumer les tâches et responsabilités d’un  propriétaire d’immeuble. Détail intéressant : la plupart des FPI* versent de hauts dividendes.

Cet article a été rédigé par Marc-Olivier Desmarais, CPA, Pl. Fin.

Il est planificateur financier indépendant. Sa pratique est encadrée par l'Autorité des Marchés Financiers (AMF) et par l'Institut de Planification Financière (IPF).

À travers les articles de Portefeuille 101, son objectif est de contribuer à la littératie financière et de stimuler la réflexion en matière de finances personnelles.

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